Expression citoyenne

Publié le par Projet Pour Migné-Auxances

Voici quelques réflexions que m’inspire le document de campagne électorale de notre maire–candidat : un dépliant  de bonne facture, clair, net, parfaitement clean.

 Je note tout d’abord la volonté du maire sortant et de sa nouvelle équipe d’apparaître démocrates :

- l’un déclare la main sur le cœur : « j’ai toujours eu à cœur de mettre en œuvre les décisions du conseil municipal », comme si ces décisions n’étaient pas d’abord les siennes ;

- l’autre affirme l’avoir choisi pour mener la liste, comme si ce n’était pas lui qui avait choisi sa liste avec, d’ailleurs, beaucoup de mal, ainsi qu’il le déclarait à la Nouvelle République voici quelques semaines. 

Ce ne sont sans doute là que de petites hypocrisies assez fréquentes dans les campagnes électorales. Passons.

 
Vient ensuite la partie programmatique, très condensée mais très significative.

On y trouve une série de propositions la plupart intéressantes, souvent utiles, même si la création d’une rocade parait, dans le cadre du prochain mandat, totalement irréaliste.

Ces propositions ont toutes un point commun, elles concernent toutes des aménagements ou des rénovations de voiries, de bâtiments ou d’espaces. On ne trouve, par contre, pas une ligne, pas un mot sur les politiques sociale ou éducative, rien sur la vie associative, culturelle ou sportive.

Du matériel, oui, de l’humain, du vivant, non
.
Du hard, oui, du soft, non. En langage artistique, on dirait que le maire-candidat est plus amateur de natures mortes que de tableaux vivants.

Sa conception de la politique communale est hémiplégique ; sans doute, se contenterait–il d’une cité dortoir
avec de beaux bâtiments et de beaux murs, comme s’il n’y avait pas de problèmes sociaux à Migné –Auxances, pas même une petite fille diabétique qui veut vivre comme les autres. Remarquons, d’ailleurs, que son amour du hard ne va pas jusqu’à envisager de trouver le moyen de réduire le déficit de logements sociaux  qui pénalise notre commune. 

On avait pu constater durant le mandat qui se termine le peu d’intérêt que le maire portait à la vie associative qu’il supporte plus qu’il ne soutient, mais le traduire d’une façon aussi explicite dans un document de campagne électorale, là, il fait fort notre Patrice.

L’énoncé très neutre du dernier volet est, en réalité, un procédé très habile de communication visant à ce que l’électeur peu instruit de l’histoire récente de la commune, attribue au maire sortant l’existence de ces équipements et services.

Or, ni l’EHPAD, ni la crèche / halte-garderie, ni le relais assistantes maternelles, ni l’école de musique, ni le complexe sportif, ni le centre socio-culturel ne doivent quoi que ce soit à monsieur Auzanneau, ni en tant que maire, ni en tant que personne privée. Le classement en EHPAD du foyer logement est l’aboutissement des démarches engagées longtemps avant son arrivée ; la seule chose qui lui soit due est la mauvaise gestion de cette mutation : il n’a pas su conserver quelques chambres non médicalisées pourtant utiles.

Récupérer le travail des autres, est un exercice où il excelle, son dernier bulletin municipal en est un exemple : sur 22 pages en couleurs sur papier glacé plus de la moitié sont consacrées à des photos d’activités associatives dont le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il ne les a pas beaucoup encouragées.
Les associations, ignorées par ailleurs, souvent dénigrées, retrouvent un intérêt dans le cadre de la campagne électorale.

 

                                                                                              Yves Desport

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